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Un nouveau rapport de la Banque Mondiale évalue l'impact d'une hausse de la température de 2 à 4 °C

Turn Down the HeatCe nouveau rapport scientifique, intitulé « Baissons la chaleur : phénomènes climatiques extrêmes, impacts régionaux et plaidoyer en faveur de l’adaptation » complète les conclusions d’un précédent rapport de la Banque Mondiale paru en 2012 qui annonçait déjà un réchauffement de 4°C au-dessus du niveau préindustriel d’ici à la fin du siècle si aucune mesure supplémentaire n’était prise afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et en particulier de CO2.

La nouvelle publication, du 19 juin 2013, décrit un scénario inquiétant pour les jours et les années à venir. Si la planète se réchauffe de 2 °C au cours des 20 à 30 prochaines années, le monde connaîtra des pénuries alimentaires généralisées, des vagues de chaleur sans précédent et des cyclones plus intenses. L’analyse se concentre plus particulièrement sur les menaces qui pèsent sur les habitants excessivement vulnérables de 3 régions, l'Afrique sub-saharienne, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Est, et sur leurs moyens de subsistance.

Le rapport insiste sur le fait que les populations les plus pauvres sont les plus vulnérables face aux changements climatiques et les moins à même de mobiliser des moyens pour s’adapter. Avec le développement des villes côtières en Afrique et en Asie, les plus pauvres de leurs habitants sont repoussés à la limite des zones habitables, là où les conséquences des changements climatiques entraînent les plus grands dangers. Ces populations vivent dans des abris de fortune sur les berges des cours d’eau ou entassées dans des zones situées à peine plus haut que le niveau de la mer, mal drainées et mal desservies par les services publics, elles sont totalement exposées aux tempêtes, à la montée des eaux et aux crues. Des villes comme Manille aux Philippines et Calcutta en Inde sont particulièrement vulnérables.

Et le rapport indique que l'élévation du niveau de la mer croît plus rapidement que prévu. Ainsi une hausse d’une cinquantaine de centimètres d’ici à 2050 serait inévitable en raison des émissions passées. Dans certains cas, les répercussions pourraient se faire sentir beaucoup plus tôt. Sans mesures d'adaptation, une élévation du niveau de la mer de 15 cm, couplée à des cyclones plus intenses, menace d'inonder une grande partie de Bangkok dans les années 2030.
A très court terme donc, le changement climatique pourrait accroître encore la misère des pauvres des bidonvilles, qui n’ont guère de responsabilité dans le réchauffement planétaire.

Ce deuxième rapport insiste donc à juste titre sur la nécessité de mobiliser la communauté internationale autour des mesures à prendre pour contenir le réchauffement à 2°C.
S’il décrit avec précision les répercussions que pourraient avoir le réchauffement climatique sur les plus pauvres, celles-ci ne sont pas « inéluctables » selon Jim Yong Kim, Président du Groupe de la Banque Mondiale, qui se dit « déterminé à travailler avec les pays à la recherche de solutions ».
Car bon nombre des pires conséquences pourraient encore être évitées par le maintien d’un réchauffement inférieur à 2ºC.

Les experts de la Banque Mondiale réfléchissent déjà à des solutions pour aider les gouvernements à

  • éliminer les subventions aux combustibles fossiles sans mettre en péril la survie des pauvres,
  • trouver des moyens innovants d’améliorer l’efficacité énergétique et la performance des énergies renouvelables,
  • créer des liens entre les marchés du carbone
  • rendre l’agriculture et les villes « climato-intelligentes » et résilientes.

Mais la banque mondiale rappelle que ces mesures ne peuvent se substituer à des objectifs nationaux ambitieux de réduction des émissions, et à la répartition des efforts entre les plus grandes économies.

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