Négociations climatiques en 2017

De Marrakech à Bonn

 

Session de négociations à Bonn, du 8 au 18 mai 2017

La première session de négociations suivant la conférence climatique de Marrakech (COP23) a eu lieu dans le World Conference Center à Bonn du 8 au 18 mai 2017 (SB 46, APA 1-3). A Marrakech, les Parties ont fixé un objectif pour la mise en œuvre des règles de l’Accord de Paris – ‘the Paris Rulebook’ - d’ici fin 2018.

Compte tenu de ce délai serré, le consensus s’accroît le plus rapidement possible entre les Parties en négociations pour passer des discussions conceptuelles à la négociation de textes concrets. Malgré une table ronde préparatoire constructive, cela ne s'est pas avéré si facile : des divergences persistantes sont réapparues quant à la différenciation des obligations des pays développés et en développement et à la portée substantielle des contributions déterminées au niveau national (NDC), sur lesquelles un compromis a été conclu à Paris (COP21). Les différentes options ont été dévoilées dans des documents informels. D’autres travaux ont également été convenus au cours des prochains mois, dans la perspective de la COP23, à la fin de cette année, également à Bonn.

Comme convenu à Marrakech, des consultations à propos de la conception du dialogue facilitatif (qui aura lieu en 2018) ont été tenues par la présidence sortante de la COP22 (le Maroc) et la présidence rentrante de la COP23 (les îles Fidji). Ce processus, avec l’intervention importante du rapport du GIEC sur l’objectif de 1.5°C, est en fait une première version du bilan mondial quinquennal (Global Stocktake), qui se tiendra formellement en 2023 sous l’Accord de Paris et qui aura pour but que la température cible de l’accord de Paris puisse être atteinte.

La COP23 sera la première conférence climatique majeure à avoir lieu sous la présidence d’un petit État insulaire (avec le soutien logistique de l’Allemagne). Les Fidji auront alors l'occasion de proposer leur vision et leurs priorités. En plus de progresser vers le Paris Rulebook et vers plus de clarté sur le dialogue facilitatif, les Fidji se concentrent logiquement sur l'accroissement de la résilience des pays vulnérables et sur une politique climatique ambitieuse avec la participation de tous les acteurs, inspirés du concept de «talanoa» des Fidji, un dialogue participatif qui conduit à une prise de décisions pour le bien commun.

L'incertitude au sujet d'un éventuel retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sous l'administration Trump plane comme une ombre sur la séance de négociations. Bien que les Etats-Unis aient participé de manière constructive aux négociations, une nouvelle gestion de l’axe principal pour le climat semble être en préparation entre la Chine et l’UE. 


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