/ News / /

En 30 ans, le Protocole de Montréal est bien sur la voie de refermer le trou dans la couche d’ozone !

30_year_Montreal_Protocol.pngLe samedi 16 septembre 2017, il y aura exactement 30 ans que les 24 premiers pays (dont la Belgique) signaient le Protocole de Montréal, destiné à lutter contre les gaz responsables de la destruction de la couche d’ozone stratosphérique. Ce protocole est devenu depuis un succès mondial majeur !

Pour fêter ce trentième anniversaire de succès, le secrétariat du protocole a lancé une campagne intitulée Ozone Heroes, basée sur les héros de Marvel. Sur le site de campagne www.ozoneheroes.org sont aussi disponibles des informations sur le protocole, sur ses réalisations ainsi que le matériel de campagne.

 

Un « trou dans la couche d’ozone » mène à des actions politiques

À la fin des années 70, suite à des observations satellites, des recherches scientifiques en Antarctique ont mis en évidence une diminution périodique très importante de la concentration d'ozone stratosphérique dans cette région polaire, ce que l'on a appelé le « trou de la couche d'ozone ».

Les premières substances identifiées comme destructrices de la couche d’ozone furent les CFC (Chlorofluorocarbones), développés par l’industrie chimique pour pallier aux risques toxiques des technologies de production de froid plus anciennes. Ces ‘fréons’ étaient ininflammables, inertes, non-toxiques et facile à produire, et étaient principalement utilisés comme gaz réfrigérants, nettoyants industriels, propulseurs ou agent gonflant pour les mousses.

Le signal d’alarme des scientifiques menait, en 1985, à la signature de la Convention de Vienne, qui n’avait pas de dispositif contraignant. C’est pourquoi, en 1987, les Parties de la Convention se sont mises d’accord sur les termes du Protocole de Montréal, qui, lui, contenait des mesures concrètes, précises et contraignantes (comparable au Protocole de Kyoto pour la Convention-cadre sur le climat).

Le Protocole de Montréal a donc initié des mesures de contrôle et de limitation de la production et de l’utilisation de ces substances, évoluant progressivement vers une élimination complète. Deux calendriers parallèles ont été décidés, l’un pour les pays industrialisés, l’autre pour les pays en développement. Afin de permettre à ces derniers d’atteindre cet objectif, le Protocole a créé le Fonds Multilatéral pour mise en œuvre du Protocole de Montréal, qui vise à les assister techniquement et économiquement.

L’industrie aussi s’est adaptée en développant de nouvelles molécules aux propriétés similaires, mais ayant un impact 100 fois moins important sur l’ozone stratosphérique : les HCFC, faisant l’objet de mesures de contrôle et de restrictions qui sont encore en cours.

 

Les résultats ne se font pas attendre

Ces mesures de contrôle des CFC étaient tellement efficaces que :

  • Plus de 99% des substances détruisant l’ozone ont été éliminées grâce au Protocole ;
  • Les scientifiques ont constaté que la concentration d’ozone stratosphérique est de nouveau en train d’augmenter depuis quelques années ; il prévoient une disparition du trou dans la couche d’ozone vers la moitié du siècle ; 

ozon_layer_recovery.jpg 

  • Près de 2 millions de cancers de la peau pourront être évités annuellement jusqu’en 2030 et au total, ce sera de l’ordre de 1.6 milliards de décès dus à ce cancer qui seront évités, de même que pas loin de 46 millions de cataractes ;
  • Plus de 135 milliards de tonnes d’équivalent CO2 ne seront pas émises dans l’atmosphère, ce qui représente près de cinq fois les objectifs de réduction d’émission du Protocole de Kyoto ;
  • Plus de 2,2 billions de dollars d’économies au niveau des soins de santé, de perte de productions agricole et halieutique et de dégâts aux matériaux de construction qui auraient été causés par la diminution de la protection que la couche d’ozone nous apporte. 

 state_of_the_ozone_layer.jpg

Evolution de la concentration d’ozone au-dessus du pôle sud, avec ou sans Protocole de Montréal :
sans ce dernier, la couche d’ozone aurait pratiquement disparu, signifiant la disparition de la vie sur terre.

 

Un nouveau défi s’est annoncé

Mais pour faire face aux besoins du développement industriel, les producteurs ont développés de nouvelles molécules, les HFC, qui n’ont plus d’effet sur la couche d’ozone, mais quand-même un effet de serre considérable. On parle ici d’échelles pouvant aller jusqu’à 23.000 fois celui du CO2. Donc en contribuant à résoudre un problème environnemental majeur, nous avons contribué à en aggraver un autre, tout aussi crucial.

C’est pourquoi, après plusieurs années de négociations, lors de la réunion de novembre 2016 à Kigali, toutes les parties au Protocole se sont mises d’accord pour contrôler aussi ces substances. Mais le défis est de taille puisqu'elles sont utilisées encore plus massivement que les substances détruisant l’ozone à cause de l’augmentation du niveau de bien-être et de confort de la population mondiale.

Dans ce dernier cas, c’est un calendrier de diminution contrôlée qui a été accepté, ce qui veut dire qu’ils ne seront pas totalement éliminés dans un premier temps. D’autres négociations pourront plus tard renforcer ces mesures au gré des développements technologiques.

Mais nous sommes aussi à la croisée des chemins entre ces technologies reposant sur les substances fluorées, dont de grands industriels détiennent les brevets, et des technologies alternatives qui n’ont qu’un effet très marginal sur le climat (on parle de valeurs en dessous de 10 fois le CO2).

Ces technologies alternatives (ammoniac, CO2, hydrocarbures comme le propane ou le butane) sont en plein essor et tant le monde industriel que les décideurs politiques mettent tout en œuvre pour essayer de promouvoir ces technologies qui éviteraient de devoir encore prendre des mesures coûteuses par la suite pour éliminer les alternatives plus polluantes. L’Europe est d’ailleurs un leader mondial car sa législation est encore plus ambitieuse et ses normes poussent déjà vers les solutions les plus favorables.

De leur côté, les industries chimiques proposent déjà de nouvelles formulations qui compensent cet effet sur le réchauffement planétaire et les changements climatiques. Mais elles restent chères et leur approvisionnement est actuellement insuffisant.