Impacts sur le transport

La hausse des températures, l’élévation du niveau de la mer, l’augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements météorologiques extrêmes exercent déjà des répercussions importantes sur les infrastructures de transport.

Mais les changements climatiques n’affectent pas que les infrastructures de transport, mais peuvent également influencer la demande de transport en modifiant l'organisation de la société et de l'économie (p.e. modification des destinations touristiques).

Les conséquences des changements climatiques sont à la fois positives et négatives pour le secteur :

  • des impacts négatifs : des accidents, pertes économiques, désorganisation et retards, frais d’entretien/réparation, etc. à cause de l'augmentation de la fréquence et de l'intensité d’événements météorologiques extrêmes, de la température, de la sécheresse, etc.
  • des impacts positifs :  une amélioration des conditions générales de circulation et une augmentation de la durée de vie des infrastructures grâce à la diminution des chutes de neige ou de jours de gel.

Les impacts des changements climatiques varient selon le modes de transport :

Rail

Le rail risque d’être affecté par les fortes chaleurs en raison de l’augmentation de la dilatation ou de la déformation des rails des voies ferrées. Des périodes de canicule plus intenses pourraient provoquer des problèmes de surchauffe des équipements (ventilation, etc.) et de confort des passagers.

Les fortes précipitations, voire des évènements extrêmes comme des tempêtes de vents, sont susceptibles d’engendrer des dommages aux infrastructures en raison des inondations, glissements de terrain, chutes d’arbres, etc. Ceci augmente les risques de coupure et d’interruptions de circulation. Par exemple, les chutes d’arbres peuvent bloquer momentanément le trafic ferroviaire. 

Des évènements météorologiques nouveaux, inhabituels peuvent également provoquer des dégâts directs aux installations plus sensibles, telles que les caténaires.

Les projections disponibles suggèrent que le transport ferroviaire va connaître l'augmentation de coûts (directs et indirects, dont  retards, détours et annulation de voyage) la plus importante suite aux évènements météorologiques extrêmes. Les îles britanniques, l'Europe centrale et de l'Est ainsi que la Scandinavie seront les plus durement touchés.

 

Route

Les fortes températures contribueront à dégrader les revêtements routiers de surface.

Les routes et ponts non revêtus sont particulièrement vulnérables aux précipitations intenses. Le risque d’inondations plus fréquentes dans certaines régions augmentera le besoin d'entretien et d'investissement dans le drainage et la protection.

Les précipitations intenses auront une incidence sur sécurité routière (visibilité réduite, moins bonne adhérence au sol), alors que la diminution du givre et de la neige auront un effet inverse.

route-dgrade-Belga-82958424-450px.jpgChaussée dégradée à cause de fortes chaleurs en 2015 (Source: BelgaImage)

 

Aviation

Les aéroports risquent d’être affectés par les fortes chaleurs de différentes manières :

  • l’apparition de plus longues périodes chaudes entrainera une augmentation des besoins de refroidissement du sol, et une dégradation des pistes
  • des températures plus élevées (qui réduisent la densité de l’air) peuvent également nécessiter de réduire le poids maximal au décollage ou de rallonger la longueur des pistes
  • par contre, la baisse attendue du nombre de jours de gel serait bénéfique

Les fortes précipitations pourraient engendrer inondations et ruissellement touchant les installations aéroportuaires.

Les évènements météorologiques extrêmes ou inhabituels pourraient perturber la navigation (la vitesse du vent et sa direction sont des paramètres clés pour l'aviation) et entraîner des dégâts aux équipements.

Les changements de l’intensité ou de la direction du vent, qu’il s’agisse ou pas des vents dominants, induiront une variation dans le choix et le temps d’utilisation des pistes en usage et de la capacité aéroportuaire.

 

Transport maritime

L’augmentation du niveau de la mer affectera très probablement la navigabilité suite aux changements des vitesses de sédimentation et d'emplacement des bancs de sable sur les fonds marins belges.

Des évènements météorologiques extrêmes ou inhabituels peuvent endommager les navires et perturber la navigation : l’augmentation de la fréquence des tempêtes sur certaines routes maritimes pourrait augmenter le coût du transport en raison des mesures de sécurité supplémentaires ou du rallongement de l’itinéraire.

Les infrastructures portuaires seront aussi affectées par les températures plus élevées, l'élévation du niveau de la mer, les événements extrêmes et l'augmentation des précipitations.

Côté positif, la diminution des jours de gel réduira probablement l’apparition de brouillard givrants et limitera également les problèmes d'accumulation de glace sur les bateaux, ponts, gréements et quais.

Le réchauffement climatique entraînera une augmentation de la navigation libre de glace et de la saison de navigation, ce qui mènera certainement à des modifications profondes du trafic maritime entre l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord. Si la tendance actuelle des émissions de CO2 dans l'atmosphère se maintient, il est possible que l'océan Arctique soit libre de glace d’ici le milieu de ce siècle. Cet accessibilité rendrait accessible des itinéraires de transport beaucoup plus courts (entre l'Europe et la Chine notamment). Cependant, l'augmentation de la navigation dans ces zones pourrait s’avérer fort dommageable pour ces écosystèmes fragiles.

 

Transport fluvial

Le risque de sécheresse et d’inondations plus fréquentes pourraient inciter les entreprises à  utiliser de plus petits navires pour la navigation intérieure, ce qui augmenterait les frais d'expédition.

Certaines voies navigables devraient être utilisables pendant moins de jours par an en raison de problèmes de disponibilité en eau.