Observations en Belgique

Température

L’analyse statistique de la température annuelle moyenne à Uccle montre qu’elle croît de manière significative depuis la fin du 19e siècle. Au milieu du 20e siècle, la hausse ralentit jusqu’à quasiment s’arrêter avant de reprendre de plus belle. Ces dernières années, la température affiche une hausse constante de +0,4 °C par décennie. La courbe de tendance indique une température moyenne actuelle de 2,3 °C plus élevée qu’à l’ère préindustrielle.

 

Evolution de la température moyenne à Uccle entre 1833 et 2016

RMI_temperatures_moyennes_jusque_2016.jpg

Ce graphique démontre clairement que la température moyenne annuelle à Uccle
augmente graduellement depuis la fin des années 1800 (source : IRM)

 

Le tableau suivant, reprenant les 20 années les plus chaudes et les 20 années les plus froides entre 1833 et 2016, est également très significatif: 19 des 20 années les plus chaudes sont postérieures à 1988, tandis que les 20 années les plus froides ont toutes été enregistrées avant 1896 : 

                       

les 20 années
les plus chaudes

température moyenne
annuelle (°C)

les 20 années
les plus froides

température moyenne
annuelle (°C)

2014

11,93

1879

7,00

2011

11,60

1855

7,35

2007

11,52

1888

7,49

2006

11,35

1887

7,53

2015

11,26

1838

7,58

1989

11,26

1845

7,68

1990

11,21

1860

7,73

1999

11,20

1864

7,76

2000

11,20

1871

7,79

2002

11,20

1870

8,00

2003

11,10

1844

8,04

1994

11,06

1890

8,09

2005

11,03

1853

8,12

2009

11,00

1889

8,16

1995

10,93

1840

8,18

2008

10,90

1891

8,23

1997

10,77

1885

8,25

2001

10,70

1837

8,26

2004

10,70

1895

8,27

2016

10,66

1850

8,29

 

Avec une température moyenne annuelle de 11,9 °C, l’année 2014 détient le record absolu depuis le début des mesures en 1833. Les années 2011 et 2007 complètent le podium, avec des températures de respectivement 11,6 °C et 11,5 °C.

Ce qui frappe également, c’est que, depuis 1999, toutes les années – à l’exception de 2010, 2012 et 2013 – sont présentes dans ce ‘top 20’ !

Chaque décennie compte 3 nouveaux jours d’été (Tmax ≥ 25 °C) et, toutes les deux décennies, on note un jour de canicule (Tmax ≥ 30 °C)  en plus. En ce qui concerne le nombre de jours d’hiver (Tmax < 0 °C) et de jours de gel (Tmin < 0 °C), l’ensemble des mesures enregistrées témoigne d’une tendance à la baisse.

L’hiver 2013-2014 fut caractérisé par un temps souvent très doux pour la saison. C’est le deuxième hiver le plus chaud observé à Bruxelles-Uccle depuis 1833. La température moyenne de cet hiver atteint la valeur exceptionnellement élevée de 6,3°C ; la valeur hivernale normale n’est que de 3,6°C. En décembre, janvier et février, on a relevé des températures moyennes de 6,1°C, 6,1°C et 6,6°C, les valeurs normales mensuelles étant respectivement de 3,9°C, 3,3°C et 3,7°C.

Si l’hiver le plus chaud reste celui de 2006-2007 (avec une température moyenne de 6,6°C à Uccle), l’hiver 2013-2014 a néanmoins battu un double record au niveau des températures minimales journalières depuis 1901: la température la plus basse relevée au cours des trois mois hivernaux n’est descendue qu’à -0,5°C (le précédent record datait de l’hiver 1988-1989, avec un minimum hivernal absolu de -1,6°C). Et, sur l’ensemble de la saison, on n’a observé à Uccle que 3 jours de gel (le précédent record datait également de l’hiver 1988-1989, avec 11 jours).

 

Précipitations

Notre pays connaît une augmentation lente mais significative des quantités moyennes annuelles de précipitations. Cette augmentation suit un profil linéaire de 5 mm par décennie.

Par rapport au début des années 1950, le nombre moyen annuel de journées avec précipitations abondantes a pratiquement doublé : sur 6 décennies, il est passé de 3 à 6. Ces précipitations très fortes se produisent généralement en été du fait d’averses orageuses intenses qui tombent en l’espace de quelques heures seulement.

Les précipitations sous forme neigeuse relevées à Uccle sont devenues nettement moins fréquentes.

inondation-Belga-24724521-550px.jpg
Inondations à Deux Acren en province du Hainaut, janvier 2011. (Source: BelgaImage)
La Belgique subit une augmentation significative des journées avec precipitations abondantes: 
ces phénomènes sont de plus en plus récurrents dans le futur. 

 

Niveau de la mer

En 2010, le niveau moyen de la mer a augmenté de 103 mm à Ostende, de 115 mm à Nieuport et de 133 mm à Zeebrugge par rapport à 1970. Ces chiffres correspondent à une élévation moyenne de respectivement 2,6 mm, 2,9 mm et 3,3 mm par an sur les dernières décennies.

 

Et le futur ?

Les projections climatiques construites pour le territoire belge prévoient...

  • Un climat plus chaud : toutes les projections montrent une augmentation de la température annuelle moyenne (de +1,3 °C à +2,8 °C d’ici 2050) et des températures saisonnières (de 1,5 °C à +4,4 °C en hiver et +2,4 °C à +7,2 °C en été d’ici 2100).
  •  un renforcement de la saisonnalité des précipitations : une diminution jusqu’à -25% en 2100 en été et une augmentation jusqu’à +22% en 2100 en hiver
  • des épisodes de pluies intenses en hiver et des orages violents en été plus fréquents et plus intenses, ce qui augmente le risque d’inondations
  • des canicules plus fréquentes en été
  • de plus faibles débits des rivières en été (diminution de plus de 50% d'ici la fin du 21e siècle) à cause de la baisse des précipitations estivales, combinée à une plus grande évaporation, engendrant des risques de pénurie d’eau
  • une augmentation, à l'horizon 2100, de 60 à 90 cm du niveau de la mer à la côte belge, voire de 200 cm dans le scénario le plus pessimiste 

 

coast-damage---CLIMAR.jpg
Un calcul des risques d'inondation lors des tempêtes "extrêmes": à gauche les dégats attendus de la situation actuelle, à droite un "worst case scenario" pour 2100.
(Source: Projet "Evaluation of climate change impacts and adaptation responses for marine activities" de SSD CLIMAR)