Impacts sur la biodiversité

25 à 75% des espèces présentes dans notre pays courent le risque de voir leurs populations se réduire de manière plus ou moins importante. Plusieurs causes sont à l’origine de ce phénomène : atteinte à leurs habitats par le morcellement ou l’urbanisation, pollution des sols, des eaux et de l’air, etc.

Les changements climatiques exercent une pression supplémentaire sur la biodiversité : les espèces indigènes doivent s’adapter ou se voient forcées de migrer ou de périr, alors que de nouvelles espèces s’installent et se développent, parfois massivement et aux dépens des espèces indigènes.

coccinelle-BELGA-7615933-450px.jpgDepuis 2004, on constate une régression alarmante de la coccinelle à deux points. C'est dû
à la coccinelle asiatique, volontairement introduite dans les années 90 pour la lutte biologique.
Celle-ci se nourrit bien de pucerons, mais elle s’attaque aussi à nos coccinelles
indigènes dont elle mange la progéniture.  (Source: BelgaImage)


Modification des interactions entre espèces

L’augmentation de la température rend plus précoces certains événements printaniers, tels que l’éclosion des bourgeons (qui arrive 5 à 15 jours plus tôt qu’il y a 50 ans), et plus tardifs certains événements automnaux, tels que le jaunissement des feuilles. Ces changements phénologiques bouleversent les interactions entre espèces.

Ceci est illustré par exemple par le cas du Gobemouche noir, la date d'arrivée de cet oiseau migrateur progresse plus lentement que la période d'apparition de la nourriture principale de ses jeunes (la chenille du hêtre). Les 20 dernières années, le gobe mouche est revenu de plus en plus tôt de de ses zones d’hivernage en Afrique, mais pas suffisamment que pour pouvoir profiter du pic de nourriture. La population de gobe-mouches noirs commence par conséquent à baisser fortement en Belgique.

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(Source: 123rf/Pixphoto)

Certaines espèces s’installent dans nos régions

Les scientifiques constatent également des modifications des aires de répartition à cause du fait que de nombreuses espèces thermophiles progressent vers le Nord. La présence et le nombre d’espèces de climats tempérés chauds ont en effet augmenté au cours des dernières décennies en Belgique: libellules méridionales (comme la libellule écarlate), araignées (argiope frelon, originaire du Bassin méditerranée), oiseaux (guêpier d'Europe, espèce méridionale qui niche désormais en Belgique), moustiques (qui peuvent être vecteurs de maladies tropicales telles que le virus du Nil), etc. Certaines espèces nuisibles sont favorisées par les effets des changements climatiques (prolifération de tiques, chenilles processionnaires, etc.).

En Wallonie, la succession d’étés chauds et secs depuis plusieurs années a déjà permis de multiplier les observations de sept espèces de libellules typiques des régions méridionales. Il en va de même en ce qui concerne d’autres espèces d’insectes (sauterelles, grillons, papillons…).

 

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Ce graphique montre l’évolution de la fréquence des observations en Wallonie et à Bruxelles des sept espèces qui ont colonisé le territoire essentiellement dans le courant des années quatre-vingt et nonante. La ligne verte représente la température moyenne annuelle au cours du temps. (Source : Groupe  de  Travail  Libellules Gomphus  Wallonie-Bruxelles - 2009)

 

Des recherches sur les espèces d’araignées présentes dans la ville d’Anvers menées par les frères Van Keer ont montré que plusieurs espèces de ces invertébrés à l’origine répandues dans des contrées plus chaudes y sont actuellement présentes. Tout porte à croire que ces espèces sont arrivées par leurs propres moyens à Anvers. On remarque aussi la présence à l’extérieur des habitations d’un certain nombre d’espèces d’araignées qui étaient auparavant des espèces typiques de l’intérieur. D’après les spécialistes des araignées, ces phénomènes indiquent clairement un réchauffement progressif du climat.

En mer du Nord, des espèces plus méridionales, comme la sardine et l’anchois, prennent leur place suite à l’augmentation de la température de l’eau.

 

…et d’autres espèces s’en vont

Certaines espèces indigènes quittent nos régions, comme par exemple le cabillaud, qui migre vers le nord, à la recherche des eaux plus froides.

Pour de nombreuses autres espèces, le rythme des changements climatiques dépasse leur capacité à migrer, en particulier lorsque la fragmentation du paysage limite le mouvement des espèces ou lorsque les espèces ne trouvent pas d’habitats adaptés. Certaines espèces d’oiseaux (comme le pinson du nord ou le sizerin flammé) risquent de disparaître de Flandre à l’avenir suite à l’augmentation des températures durant la période de reproduction.

La Région Bruxelles Capitale a réalisé une étude pour évaluer l’influence des changements climatiques sur différentes espèces forestières, sur le territoire de la forêt de Soignes. Cette étude a mis en avant que les conditions environnementales attendues à l’avenir ne seront pas favorables à la croissance des hêtres. La célèbre « hêtraie cathédrale » est donc menacée et pourrait être amenée à disparaître. 

 

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