La contribution des principaux secteurs aux émissions totales et leur evolution

 

Part des différents secteurs

 Part des différents secteurs dans les émissions totales en 2016 (%)

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L’application des nouvelles lignes directrices a entrainé une modification de la répartition entre les secteurs comme on peut l’observer pour l’année 1990 (à gauche selon les anciennes lignes directrices, à droite selon les nouvelles lignes directrices):

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Evolution des différents secteurs

Evolution par rapport à 1990
(chiffres de 2016, selon les nouvelles lignes directrices)

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                            NB : le niveau 0 représente la situation en 1990

 

La figure ci-dessus résume l'incidence des principaux secteurs sur la tendance nationale. Il montre clairement la forte augmentation dans le transport (+26,3%). Les émissions du secteur tertiaire (chauffage des bâtiments) sont également en augmentation (+37,0%). Les émissions pour le secteur résidentiel ont par contre chuté de 17,1%.

Au niveau de la température, l'année 2016 fut une année normale, alors que les deux précédentes furent chaudes.

Les autres secteurs ont enregistré des baisses notables sur l'ensemble de la période 1990-2016.

  

Evolution annuelle des émissions dans les différents secteurs (1990-2016)
en kilotonnes équivalents CO2

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Evaluation par secteur

Pour l'année 2016, les secteurs contribuant aux emissions des gaz à effet de serre sont énumérés en détail ci-après :

 

1. Le transport 

Les émissions du secteur des transports constituent désormais 22,4 % des émissions totales (contre 14,3 % en 1990). Ce niveau croissant est largement dû au transport routier, qui représente 97,6 % du total des émissions pour ce secteur en 2016. La navigation domestique stagne quant à elle à 1,6 %. Les émissions ferroviaires représentent 0,3 %.

Dans le secteur des transports routiers, la plupart des indicateurs sont en augmentation (2015) : le nombre de véhicules a augmenté de 59 % depuis 1990 (48 % seulement pour les voitures particulières), ainsi que la circulation (véhicules km) qui a augmenté dans l’intervalle de 45 %. Pendant la même période, le trafic routier de fret a augmenté de 99 % (tonnes km-2012) alors que le nombre de passagers transportés par voiture n’augmentait que de 25 %.

Il y a aussi un passage marqué du nombre de véhicules à essence (-15 %) à ceux au diesel (+301 %) entre 1990 et 2014, mais ce mouvement s’inverse depuis 2016 avec la modification du système d’accises sur les carburants et la médiatisation des conséquences des effets des véhicules diesel sur la qualité de l’air. Même si le nombre de véhicules diesel diminue depuis 2016, il constitue encore la majorité de la flotte belge.

La cylindrée moyenne a également augmenté depuis 1995, reflétant le passage au diesel d’une part et le succès croissant de véhicules SUV et à usages multiples, d’autre part. L’âge moyen des voitures a augmenté (grâce à une protection contre la rouille améliorée et une durée de vie plus longue), de même que la distance moyenne parcourue qui est maintenant stabilisée.

Le transport routier est l’une des principales sources d’émission de gaz à effet de serre en Belgique, en termes de niveau et d’analyse des tendances. Avec une augmentation des émissions de GES de 28 % entre 1990 et 2016, il constitue l’un des principaux moteurs de l’évolution des émissions. L’augmentation absolue des émissions de CO2 du transport routier entre 1990 et 2016 est la plus élevée parmi les principales sources de l’évaluation des tendances (+ 9,92 millions de tonnes d’équivalents CO2).

 

2. Les bâtiments

Dans le secteur résidentiel, la consommation de combustible a augmenté de 16 % entre 1990 et 2003. Ceci est principalement lié à l’augmentation du nombre de maisons (+26 % entre 1991 et 2001). Des fluctuations annuelles sont bien sûr liées au climat : cela est particulièrement clair pour 1996, 2010 et 2013, qui ont été des années froides avec un pic marqué des émissions dues au chauffage, mais aussi pour 2007, 2011 et 2014, avec des hivers exceptionnellement chauds et marqués par une diminution de la consommation d’énergie. L’augmentation des prix de l’énergie et l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments ont probablement contribué à réduire cette consommation. Enfin, la consommation de combustible gazeux a augmenté depuis 1990 (de 34 à 50 % du total), mais les combustible liquides atteignent encore 41 % du fait de la couverture limitée du réseau de gaz dans les zones peu peuplées.  

Dans le secteur tertiaire, la consommation de combustible a augmenté de 55 % depuis 1990. Des fluctuations annuelles liées au climat se produisent également, mais elles ne sont pas aussi importantes que dans le secteur résidentiel. Une des raisons est l’augmentation du nombre d’employés de 29 % (entre 1990 et 2013). Dans l’intervalle, la consommation d’électricité a également augmenté de 94 % (entre 1990 et 2014), principalement en raison du développement des technologies de l’information et de l’utilisation accrue des zones réfrigérées et de la climatisation. Par contre, un net basculement des combustibles liquides vers les combustibles gazeux a été observé depuis 1995, les combustibles gazeux représentant désormais 74 % de la consommation d’énergie du secteur (hors électricité et chaleur).

Pour ces deux secteurs, la consommation de biomasse et autres combustibles est négligeable. Cependant, de nouvelles estimations indiquerait que la biomasse atteint 9,0 % dans le secteur résidentiel, contre 4,6 % seulement dans le secteur tertiaire.

 

3. La consommation énergétique dans l’industrie

La source principale de ce secteur est la production d’électricité publique et de chaleur, qui représentaient 76 % des émissions du secteur en 2016. Le raffinage du pétrole et la fabrication de combustibles solides représentaient eux respectivement 23,5 % et 1 %.

Les émissions provenant de la fabrication de combustibles solides ont diminué de 92 % depuis 1990 (-1,9 millions de tonnes d’équivalents CO2) en raison de la fermeture de six usines de coke respectivement en 1993, 1995, 1997, 2000, 2005 et 2010. les émissions du raffinage du pétrole en 2016 ont augmenté de 6 % par rapport à 1990. Ces émissions fluctuent en fonction du contexte économique global et des arrêts prévus d’inspection, entretien et rénovation.

Bien que la production d’électricité et de chaleur ait augmenté de 30 % entre 1990 et 2016, les émissions ont diminué (-36 %) en raison des améliorations technologiques, de l’augmentation du nombre d’installations de production combinée de chaleur et d’électricité et du passage des combustibles solides (charbon) aux combustibles gazeux (gaz naturel) et renouvelables.

 

4. Les processus industriels (émissions industrielles non liées à la consommation énergétique)

Le secteur « processus industriels et gaz-F » couvre les émissions des activités industrielles, mais ne résulte pas de la combustion de combustibles fossiles. En 2016, ces émissions de gaz à effet de serre ont été principalement causées par l’industrie chimique (42 % des émissions dont 45 % juste pour l’industrie pétrochimique, 4 % pour la production d’acide nitrique et 13 % pour celle d’ammoniac), les produits minéraux (21,4 % des émissions dont 56 % pour la production de ciment et 36% pour celle de chaux) et la production métallurgique (21,1 % des émissions, en baisse depuis 2009 en raison de la crise économique). En outre, 18 % de ces émissions sont causées par les utilisations de produits de substitution des substances appauvrissant le couche d’ozone.

Les émissions des gaz fluorés ont représenté 3,1 % des émissions totales de gaz à effet de serre hors LULUCF en 2016. Une distinction est faite entre les «émissions de la production», qui sont des émissions fugitives au cours du processus de production, et les «émissions de consommation», qui sont celles qui se produisent lors de l'utilisation de produits existants ou du démontage d'équipements.

 

5. La transformation énergétique

Dans les industries manufacturières, la valeur ajoutée a augmenté de 49 % en 2016 par rapport à 1990, tandis que les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 43 % dans la même période.

La consommation d’énergie primaire a diminué de 22 % entre 1990 et 2016 (et par 26 % si l’on considère 2009). Cette chute spectaculaire est évidemment due à l’impact de la crise économique dans le secteur du fer et l’acier. Ce découplage apparent de la valeur ajoutée et la consommation d’énergie peut être attribué à différents vecteurs en fonction des secteurs :

  • Dans l’industrie du fer et de l’acier, de nombreuses usines se sont tournées vers les fours électriques depuis 1990. Par exemple, la part des usines sidérurgiques utilisant l'électricité est passée de 9 % en 1990 à 35% en 2011. C’est la principale cause de la baisse apparente de la consommation d’énergie, alors que la valeur ajoutée observée est stable dans ce secteur. Du fait de la réallocation entre les émissions énergétiques et de processus du secteur depuis la soumission de l’inventaire de gaz à effet de serre de 2015, ce secteur ne représente plus que 8,6 % de la consommation d’énergie en 2016 par les industries manufacturières et par conséquent son impact sur les tendances globales a diminué.
  • Dans le secteur de la chimie, la consommation d’énergie (hors usage non-énergétique) a diminué de 10 % entre 1990 et 2006, comparativement à une croissance de 65 % de la valeur ajoutée. Ce découplage majeur est lié à l’utilisation rationnelle de l’énergie et des produits à forte valeur ajoutée. En 2016, ce secteur représente 24 % de la consommation d’énergie de l’industrie manufacturière.
  • La transformation des aliments et des boissons représente 11,6 % de la consommation d’énergie dans les industries manufacturières en 2006, mais 13 à 14 % de la valeur ajoutée. Ce secteur affiche la plus forte augmentation de la valeur ajoutée par rapport à la consommation d’énergie.
  • Dans les cimenteries, le découplage entre la consommation d’énergie et la production totale est lié au processus de production : la voie sèche, qui est considérablement moins énergivore, remplace progressivement le procédé par voie humide et est maintenant (2016) utilisé pour 79 % de la production de clinker par rapport à 61 % en 1990.

  

6. L’agriculture

Les émissions de GES de l’agriculture (hors combustible) comptent en 2016 pour 8,5 % du total des émissions in Belgique. Au total (en incluant les émissions du secteur énergie), elles ont diminuées de 20,5 % entre 1990 et 2016.

Les principales sources d’émission sont :

  • le méthane (CH4) : 46,4 % via la fermentation entérique (bovins essentiellement) et 20,0 % via la gestion des déjections (porcins essentiellement)
  • le protoxyde d’azote (N2O) : 32,3 % (en provenance des sols). Elles sont en diminution depuis 1990 suite à la réduction et à la modification du cheptel et à la diminution de l’utilisation des engrais minéraux et organiques.

 

7. Le secteur des déchets

Les émissions de GES à partir de déchets (hors incinération avec récupération de chaleur) ont représenté  1,3 % des émissions nationales en 2016, comparativement à 3,0 % en 1990. Cette diminution est due à celle des émissions de méthane (CH4) des déchets mis en décharge qui représentent 59,4 % du total des émissions pour le secteur en 2016. La récupération des biogaz dans les décharges - le gaz est brûlé à la torche pour récupérer son contenu énergétique - a été développée à grande échelle depuis 1990 et est le principal moteur de la tendance dans ce secteur. Les émissions des décharges ont diminué de 71 % en 2016 par rapport à 1990, suite aux efforts en réutilisation, recyclage, compostage et incinération.

Les 40,5 % restants des émissions de GES proviennent de trois sources : l’incinération des déchets, le traitement des eaux usées et le compostage.

 

8. Les autres émissions

Elles couvrent à peine 0,6 % du total.